A la mémoire de Henri Labouret (1879-1970), numismate éminent, initié à la Lumière du Nord, à l’Orient de Lille, en 1905.
Le jeton et le méreau apparaissent au Moyen-âge. D’abord synonymes, les deux mots désignent peu à peu deux objets d’usage différent. D’une part, le mot de méreau vient à caractériser essentiellement des monnaies de convention : dans son Dictionnaire historique de l’ancienne langue française, au XVIIIe siècle, La Curne de Saint Palaye en cite quelques usages : A l’église pour constater la présence des moines aux offices, au marché pour prouver l’acquittement d’un droit, dans les travaux, les ateliers, pour représenter à la fin de la semaine le prix des journées. Le méreau est donc, notamment, l’ancêtre du jeton de présence, y compris dans les ateliers maçonniques. D’autre part, les jetons servent d’instrument de calcul : dans ce rôle, ils succèdent au calculus, petit caillou dont usaient les Romains. Ils se posent (se « jettent ») sur des abaques, appelés aussi mérelles (d’où aussi le jeu de marelle), ou comptoirs – le mot est resté. Comme les bouliers orientaux, ils facilitent les opérations complexes, auxquelles les chiffres romains ne se prêtent pas. A partir du XVIe siècle, la diffusion des chiffres arabes prive progressivement les jetons de compte de leur utilité. On trouve pourtant encore trace de leur usage désuet dans Molière ou Sévigné, et on édite jusqu’en 1812 des manuels de comptabilité qui expliquent leur mode d’emploi. Mais ils connaissent une mutation, que Diderot explique parfaitement : L’usage des jettons pour calculer étoit si fort établi que nos rois en faisoient fabriquer des bourses pour être distribuées aux officiers de leur maison qui étoient chargés des états des comptes… Ainsi, ils deviennent récompense royale, rémunération qui ne dit pas son nom pour des serviteurs de l’Etat, dont la noblesse interdit de recevoir un vulgaire salaire. L’aristocratie, les parlements, les villes, les corporations, imitent le roi, et l’usage se répand d’offrir des jetons en cadeau de prestige. Des milliers de petites œuvres d’art témoignent de cette coutume qui dure de la Renaissance à la Révolution et culmine au XVIIIe siècle.
Dans ce contexte, les obédiences et loges maçonniques frappent jeton comme tout le monde, à partir des années 1770. Le but est d’abord de récompenser l’assiduité du travail maçonnique : en 1784, un jeton de la loge de la Parfaite Union, à l’Orient de Valenciennes, porte la mention LABORIS ASSIDUI PRAEMIUM (Récompense du travail assidu). Ce premier usage avéré reste le plus important jusqu’à nos jours, sous des formes diverses.
Aujourd’hui, on appellerait plutôt médailles les pièces de gratification ou de commémoration que l’Ancien Régime désignait du mot de jetton. Au début du XIXe siècle, on trouve indifféremment les appellations de jeton et de médaille pour les mêmes pièces. Thory dit même explicitement, en 1812, qu’on peut considérer comme des médailles les jetons des loges. De plus, ces jetons sont souvent percés et complétés d’une bélière pour être portés en décoration. Deviennent-ils ainsi médailles ? Cessent-ils d’être jetons ? Et si on leur ajoute un ruban pour les porter à la boutonnière, où s’arrête la numismatique, où commence la phaléristique, voire la « cordonnite » ? Autre type de confusion : l’empreinte métallique du sceau de la loge peut être utilisé comme médaille ou bijou. Souvent, ce sont les dimensions de la pièce qui la font classer parmi les jetons ou parmi les médailles. La distinction n’est pas nette. A tout le moins, la limite est floue. N’attachons pas trop d’importance à la dénomination des pièces. Toutefois, nous écartons le terme de méreau : il ne s’emploie guère que pour les jetons paramonétaires du Moyen-âge et de la Renaissance, d’usage populaire ou ecclésiastique.
A partir de 1820, et surtout 1840, on rencontre la mention jeton de présence, notion qui ne se confond pas avec la précédente. Le jeton de présence, sans prétention esthétique et frappé dans les alliages les plus économiques, est seulement un justificatif de l’assiduité, pour éventuellement la récompenser autrement par la suite. Distribué à l’issue d’une séance, il est en fin d’année déduit de la cotisation annuelle suivante. Après les loges maçonniques, les sociétés industrielles et commerciales s’approprient cet usage. Dans plusieurs loges et même au Grand Orient, des jetons avec valeur faciale s’apparentent aux monnaies de nécessité qui pullulent à la fin du XIXe siècle.
On retrouve une valeur d’échange explicite, d’un tout autre esprit, dans les jetons de bienfaisance, échangeables contre des denrées alimentaires, émis par les loges de la Rochelle et d’Oran.
Il est possible que le jeton maçonnique ait aussi servi de signe d’appartenance et de reconnaissance, comme ces pièces décrites par Hennin : Cette pièce et les deux suivantes servaient aux ouvriers qui travaillaient aux démolitions de la Bastille pour être reconnus à l’entrée de leurs ateliers. Celle-ci était pour les chefs des travaux, la suivante pour les ouvriers, et la dernière pour les manœuvres. On peut se trouver en présence de pratiques comparables quand on lit qu’une loge de Rouen exclut un frère en lui retirant ses trois médailles, celles-ci correspondant peut-être aux grades d’apprenti, compagnon et maître… Cette utilisation expliquerait mieux que les autres, somme toute, pourquoi les beaux jetons du XVIIIe et de la première moitié du XIXe siècle se rencontrent dans différents métaux, et souvent percés ou munis d’une bélière pour être portés ou exposés.
Au XIXe siècle, la numismatique maçonnique se spécialise. Des médailles viennent récompenser des mérites divers. L’ancienneté, certes. Mais on connaît aussi des prix de poésie, de musique, de formation professionnelle, décernés par diverses loges de Paris et de Province.
Enfin, et encore aujourd’hui, la médaille vient commémorer un événement ou célébrer un anniversaire. Une inauguration de temple, un congrès, un anniversaire, sont l’occasion d’avoir recours au graveur pour en fixer dans le métal le durable souvenir. Grâce à ces occasions, la numismatique maçonnique reste vivante, même si on peut regretter qu’elle soit moins imaginative et beaucoup moins féconde qu’aux siècles passés.
Incidemment, il est à noter que le terme médaille a gardé ou pris dans les ateliers maçonniques un sens qui excède la numismatique. En effet, on appelle ainsi tout don, en général d’ordre philanthropique, décidé par une loge. Il va sans dire que ces “ médailles ” prennent de nos jours en général la forme d’un chèque. Il s’ensuit qu’à la lecture des comptes-rendus de tenues maçonniques, il ne faut pas toujours prendre au pied de la lettre le terme quand on apprend qu’une loge a décerné une médaille. Il peut s’agir d’une somme d’argent.
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Le premier intérêt du jeton maçonnique réside dans ses qualités esthétiques. Il séduit le collectionneur par sa variété et l’originalité des sujets et des formes rencontrés. Beaucoup de chefs-d’œuvre témoignent de l’histoire de l’art. On sera peut-être plus sensible au charme des pièces les plus anciennes : allégories de l’Ancien Régime, compositions rayonnantes du Premier Empire, trouvailles raffinées de la Restauration. Mais on trouve encore des exemples de l’esthétique de l’Art Nouveau, parfois de grande qualité. Enfin, l’Art Déco, voire l’abstraction, sont aussi représentés en leur temps. Beaucoup des graveurs sont eux-mêmes francs-maçons : Bernier, Jaley, Coquardon, Brévière, Desnoyers, Tattegrain… On ne s’étonnera pas de voir leur signature sur les compositions les plus originales, marquées par leur personnalité, voire leur ferveur - à la différence de celles où l’artisan se borne à suivre un cahier des charges, pour répondre à une commande dénuée pour lui de signification profonde. Malheureusement, un très grand nombre de jetons et médailles se bornent à un vocabulaire symbolique limité et convenu, voire à du texte sans illustration.
Le curieux trouvera ensuite dans les jetons et médailles maçonniques une illustration de l’histoire symbolique. La numismatique éclaire cette branche bien particulière de l’histoire de la pensée, plus et mieux sans doute que la peinture ou la littérature. Car les jetons, dès l’Ancien Régime, dès la Renaissance même, diffusent un vaste répertoire d’images et de devises, que le petit format oblige à condenser, pour le rendre compréhensible par tous avec un minimum de moyens. La Franc-maçonnerie naissante puise dans ce vocabulaire largement connu et compris, qui est aussi celui de l’héraldique et de la sigillographie : foi, lacs d’amour, ouroboros, pélican, astres, cœurs, grenades... Elle l’ajoute au vocabulaire, réel ou supposé, de la maçonnerie de métier : équerre et compas, perpendiculaire et niveau, truelle et maillet (mais en ignorant la boucharde, pourtant plus utilisée auparavant par les maçons et tailleurs de pierre pour représenter leur métier). Enfin, elle prend à son compte la symbolique mystique baroque (triangle, œil, tétragramme, nuées, pélican encore…) et réinvente une symbolique biblique du Temple. Le numismate, et le « jetonophile » surtout, sont bien placés pour faire la part de ces différents registres, et en observer la généalogie et la postérité.
Les jetons et médailles témoignent en outre de l’histoire événementielle de deux siècles chargés de révolutions et de coups d’Etat. Les relations des francs-maçons à la politique, leurs loyalismes successifs et parfois leur participation aux événements trouvent ici une illustration abondante. De Louis XVI à la Seconde Guerre Mondiale, la présence des francs-maçons est attestée dans les épisodes tourmentés de notre histoire, et, faut-il le rappeler, des deux côtés de chaque barricade.
Enfin, à l’évidence, l’histoire proprement maçonnique s’y retrouve donnée à lire. C’est d’une part l’histoire événementielle des loges et des obédiences, des grades et des rites : rassemblements et divisions entre frères ennemis, querelles et retrouvailles, volontés centripètes et forces centrifuges. C’est d’autre part l’évolution de la pensée maçonnique. Si celle-ci peut s’honorer d’une permanence dans les principes, elle s’est confrontée à des contextes politiques et sociaux en transformation constante, et s’est adaptée sans cesse aux réalités. La numismatique nous le prouve en combinant quatre modes d’information : le nom des loges, les légendes explicites, les motifs représentés et enfin leur support matériel.
Les noms des loges expriment les valeurs fondamentales communes du noyau de frères fondateurs. Si on les met en rapport avec la date de fondation des ateliers, ils révèlent la ligne directrice de l’époque. Par exemple, les titres distinctifs du XVIIIe siècle font souvent appel à la sociabilité, ceux du milieu du XIXe siècle à la bienfaisance, ceux de la Troisième République aux valeurs progressistes… En deux cent cinquante ans, ils passent de l’évocation des saints à la revendication de valeurs républicaines, laïques, voire socialistes.
Cette évolution que les noms des loges suggèrent, le langage de l’image la confirme. Les symboles ne changent pas en eux-mêmes, mais leur sélection et leur mise en scène évoluent. Les mots du vocabulaire restent à peu près les mêmes, mais les changements de la syntaxe expriment, de façon plus ou moins limpide, l’évolution de la pensée des francs-maçons français. On distingue ainsi des présentations attachées à une cohérence spatiale, et d’autres qui préfèrent une simple juxtaposition de symboles, comme coupés du monde matériel. Le rayonnement ou la modestie, le plan centré ou non, la présence ou non d’une base où ils sont posés, révèlent des conceptions différentes du lien entre symbole et réalité, comme de la place de l’institution symbolique (la Franc-maçonnerie) dans le monde et la société. L’index thématique en annexe aidera le lecteur désireux de faire ses propres observations.
L’analyse des légendes et devises d’accompagnement complète celle des dessins : Dispersit superbos (Il disperse les orgueilleux) célèbre la chute de l’Ancien Régime, et Post tenebras lux (La lumière après les ténèbres) la Restauration. Si foederis invenies (cherche et tu trouveras) appelle à l’effort individuel, Liberté égalité fraternité à la solidarité de groupe et l’engagement social.
Le métal utilisé même n’est pas sans signification. C’est un critère délicat, puisque souvent le même jeton est frappé dans des métaux différents, sans qu’on en sache toujours la raison. Néanmoins, on peut raisonnablement considérer que l’usage de l’argent, comme du latin et d’un style décoratif recherché, manifestent l’élitisme, tandis que la simplicité du maillechort ou de l’aluminium invitent à la démocratie, aussi explicitement qu’une devise républicaine.
La Franc-maçonnerie trouvera toujours difficilement sa place dans l’histoire générale. C’est la conséquence de sa volonté de discrétion, souvent imposée par son interdiction, voire les persécutions. Pourtant, elle a laissé des traces, qui appartiennent à tous. Nous espérons pouvoir aider à les lire. La Franc-maçonnerie est tradition. Cela veut aussi dire mémoire, et transmission de la mémoire. Pour cette transmission, la numismatique a son rôle à jouer. Certes, le franc-maçon a coutume de dire qu’il faut laisser les métaux à la porte du Temple, entendant par là que les préjugés, les passions et les intérêts profanes ne doivent pas troubler la recherche du vrai et du bien. Mais tous ces petits morceaux de métal n’évoquent-ils pas aussi la chaîne d’union, ces « anneaux de pur métal » qui unissent, dans le temps comme dans l’espace, les maîtres d’hier aux apprentis de demain ?
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Notre propos n’est pas d’écrire une histoire de plus de l’Ordre maçonnique en France. Il en existe d’excellentes, auxquelles nous avons puisé abondamment, avec le seul scrupule de citer nos sources. Dans la bibliographie, nous y renvoyons le lecteur désireux d’approfondissement. Plusieurs revues de qualité, nationales ou régionales, publient les recherches actives et fécondes des historiens d’aujourd’hui, auxquelles nous avons aussi trouvé matière. Ici, il s’agit plutôt d’archéologie : nous voulons faire parler les objets. Jetons et médailles nous semblent illustrer à merveille tous ces travaux, parfois les compléter, mais jamais les concurrencer. La numismatique apparaît ici plus que jamais dans sa fonction de « science auxiliaire de l’Histoire ». Notre recherche, comme celle de l’archéologue, a porté sur l’identification et la datation des objets. Un rappel historique succinct, chaque fois que c’est possible et utile, vise à replacer les pièces dans leur contexte. Parfois, une anecdote, pas toujours glorieuse, leur ajoute un peu d’épaisseur humaine. Beaucoup d’entre elles ont été émises par des loges dont le passé mérite qu’on s’en souvienne… D’ailleurs, presque toutes les loges prestigieuses ou historiques ont frappé jeton. Citons dès maintenant Les Neuf Sœurs et la Parfaite Estime sous l’Ancien Régime, le Centre des Amis en pleine Révolution, Le Contrat Social et Anacréon sous le Premier Empire, Les Amis de la Vérité sous la Restauration, Bonaparte sous le Second Empire, Alsace-Lorraine et La Clémente Amitié sous la Troisième République…
Pour réaliser l’inventaire le plus complet possible des jetons et médailles maçonniques français émis jusqu’en 1939, nous nous sommes référé aux ouvrages et catalogues déjà publiés, spécialisés ou non. Les volumes du Hamburgische Zirkel Correspondenz (en abrégé HZC) parus autour de 1900 représentent la source la plus importante, avec la descripton de quatre cents pièces. Ils ne font pas double emploi avec les corpus de Feuardent pour l’Ancien Régime, Hennin pour la Révolution, Bramsen pour l’Empire. Les catalogues des marchands numismates ou des ventes aux enchères, y compris sur internet, témoignent des apparitions épisodiques de pièces sur le marché, voire des dispersions de collections. Notamment, les catalogues de la Maison Platt, et surtout celui de 1997, qui présente trois cents jetons et médailles. De même la vente publique, en 2003, à Cannes, du remarquable ensemble réuni par Michel Bonhomme, grand collectionneur prématurément disparu. Cette littérature permet de connaître environ six cents pièces, avec ou sans reproduction, avec ou sans description. Par ailleurs, nous avons pu avoir accès aux principales collections publiques ou privées : en premier lieu le fonds du Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale, qui rassemble environ six cents références. Les conservateurs des collections du Musée Gadagne et du Musée des Beaux-Arts de Lyon, ainsi que ceux des principales obédiences maçonniques françaises ont bien voulu nous ouvrir leurs vitrines, voire leurs réserves. La Grande Loge de France rassemble plus de deux cents jetons et médailles, dont certains exceptionnels. Le Grand Orient de France en détient près de cent cinquante. Plusieurs collectionneurs privés enfin nous ont aussi sacrifié de leur temps et partagé de leur savoir. Nous arrivons ainsi à quelque huit cent cinquante cotes, presque toutes accompagnées de description et d’illustration. 290 pièces n’avaient pas encore été publiées, dont des jetons et médailles d’Ancien Régime d’un grand intérêt. Celles déjà connues manquaient souvent de description complète ou d’illustration. Sans aucun doute il en reste à découvrir. Merci aux lecteurs qui nous aideront à combler les lacunes, aux collectionneurs qui détiennent des trésors ignorés et qui voudront bien les faire connaître.
Les frontières elles-mêmes ne sont pas toujours faciles à discerner : qu’est-ce qu’un jeton ou une médaille français ? Ce ne sont certes pas les pièces dont les légendes sont écrites en français : il y en a d’indiscutablement françaises qui sont écrites en latin, ou sans légende. Une médaille strasbourgeoise est en allemand : est-elle ou n’est-elle pas française ? Notre choix a été d’écarter les pièces belges et suisses, souvent remarquables, qui méritent des études respectant leurs contextes spécifiques. Nous retenons les jetons et médailles des anciennes colonies. Nous incluons aussi quelques médailles francophones, qui relèvent de la diaspora maçonnique française en terre étrangère, de Londres à Mexico. Enfin, nous intégrons les pièces maçonniques « napoléonides », qui citent l’Empereur, ou ses frères et soeurs. Pour l’essentiel, ce sont celles que Bramsen décrit dans son Médaillier de Napoléon le Grand.
Non sans remords, nous avons intégré au corpus les pièces que d’autres auteurs ou collectionneurs classent à tort, à notre avis, parmi les maçonniques françaises. Nous expliquons au cas par cas pourquoi nous ne les considérons pas maçonniques, ou pas françaises. Parfois, le doute subsiste. On pourra pour diverses raisons contester telle exclusion – ou telle inclusion : nous nous sommes même autorisé de ces mauvais exemples pour intégrer d’autres jetons non maçonniques, au prétexte qu’ils participent de l’histoire de la Franc-maçonnerie : ceux de l’Hôtel de Soissons, par exemple.
Nous ne suivons pas toujours les usages en numismatique. Nous n’indiquons pas le poids des pièces : puisque le même coin a souvent servi à frapper des jetons dans plusieurs métaux différents, ce poids n’est guère ici une indication d’authenticité. D’ailleurs, autant le poids d’un métal précieux est une importante indication de la valeur d’une monnaie, autant cette information est de peu d’utilité pour un jeton ou une médaille dont la valeur est arbitraire ou symbolique. Dans le même esprit, nous ne nous sommes pas attaché à présenter les pièces dans le meilleur état possible. C’est aussi que notre goût personnel nous fait apprécier la charge émotionnelle contenue dans un jeton qui a circulé, dans une médaille qui a été portée par son récipiendaire. Ils ont participé à la vie de leur loge, et transmettent l’empreinte de nos prédécesseurs sur les voies qu’ils ont tracées. Nos descriptions se veulent complètes mais aussi brèves que possibles : l’image est là presque toujours pour pallier leurs éventuelles approximations. Sous la pression de numismates chevronnés, nous mentionnons le ou les métaux pour lesquels nous connaissons des exemplaires de chaque référence ; mais cette mention ne prétend ni à l’exhaustivité, ni parfois à la rigueur scientifique : la patine aidant, le doute est possible entre cuivre et bronze, cuivre jaune et laiton, les différents alliages blancs ou jaunes des jetons les plus récents, ou le métal principal quand il est recouvert de dorure ou d’argenture. Les auteurs les plus professionnels ne sont pas toujours du même avis : ainsi, Gadoury voit souvent du bronze où HZC et Platt voient du cuivre. Pour près de la moitié de son inventaire, HZC ne mentionne pas le métal, ou bien se contente d’indiquer : métal blanc… Bramsen et Hennin n’en font pas état. Nos indications ne sont pas des certitudes. Enfin, nous nous sommes refusé de mentionner valeur ou rareté. Le marché est variable par essence, voire erratique. Notre connaissance en est partielle et partiale. Nous n’avons pas vocation à peser sur les prix, dans quelque sens que ce soit. Et comment évaluer le cours de médailles exceptionnelles ?
Nous avons été tenté par un classement chronologique. Il présentait plusieurs inconvénients. Hennin et Bramsen prouvent qu’un tel principe pousse à bien des choix arbitraires. En effet, de très nombreuses pièces ne sont pas datées. Pire : celles qui sont datées sont rarement datées de leur émission, mais bien plus souvent de la fondation de la loge, fondation parfois mythique ! Saint-Germain-en-Laye en donne le plus bel exemple. Nous devons considérer les dates mentionnées avec prudence, et rechercher l’époque de la gravure et/ou celle de la frappe à travers d’autres indices, d’autres sources. En outre, il est souvent intéressant de voir rassemblées les pièces qu’une même loge a successivement émises, et leur évolution en fonction des régimes politiques ou des modes esthétiques. La loge Saint-Louis de la Martinique en donne un des exemples les plus significatifs, en remplaçant à quelques années d’intervalle le portrait de Louis XVI par l’aigle impériale, puis par une représentation de Saint Louis. La loge des Admirateurs de l’Univers fournit un échantillonnage daté de la dégradation stylistique au XIXe siècle. Ce ne sont pas des cas isolés. Et, comme le fouilleur date une couche de terrain grâce au tesson typique, certain style ou thème nous permet d’approcher la date de gravure ou de frappe avec une marge d’erreur acceptable : la façade de temple entre deux colonnes est Restauration, l’équerre qui germe en feuilles d’acacia est un marqueur des années 1840.
Un classement géographique par région aurait pu être envisagé, si la répartition des pièces était équilibrée. Or, plus de la moitié sont parisiennes. Vingt-huit orients d’Ile-de-France, souvent en proche périphérie de la capitale, ont frappé médaille ou jeton. Les provinces sont très inégalement représentées : quatre villes représentent 36 % de l’ensemble. Lyon et sa région ont une abondante production, de qualité variable, de la Restauration à la Troisième République. La Normandie se distingue par des jetons nombreux et d’un grand intérêt esthétique et historique, de l’Ancien Régime à la Restauration. Le Nord regroupe quelques jetons anciens et remarquables. Toulouse a émis une quantité non négligeable de médailles et jetons, souvent médiocres. A de rares exceptions près, le reste de la France ne présente que des pièces isolées.
Nous avons donc opté pour un classement principal simple, par ville et loge, proche de celui retenu par HZC ou par le Cabinet des Médailles (reprenant certainement l’ordre du médaillier du Grand Orient, d’où provient le fonds maçonnique). Si cet ordre dissocie malheureusement des pièces apparentées dans le temps, dans l’espace ou dans la thématique, il présente en revanche l’avantage de renouveler presque à chaque page l’intérêt esthétique ou la curiosité. De plus, il crée à l’occasion des rapprochements inattendus. Le Duc de Berry côtoie l’Action Socialiste ; la médaille représentant dans toute sa splendeur le duc de Chartres précède le pauvre jeton des Forgerons de l’Avenir ; ces coïncidences ouvrent des perspectives sur l’essence permanente de la maçonnerie – et sa diversité. Ce principe général de classement souffre quelques exceptions qui devraient se justifier d’elles-mêmes. Notamment, nous avons regroupé chronologiquement les jetons et médailles qui retracent fidèlement chaque étape de l’histoire de l’obédience écossaise. Deux « intermèdes » regroupent quelques pièces sur un critère historique : le premier concerne une approche de la numismatique « para-maçonnique » de la Révolution de 1848 ; le second regroupe la série des médailles qui commémorent l’action des francs-maçons pendant la Commune de Paris.
Les francs-maçons ont parfois employé des médailles gravées à d’autres fins. Par exemple, ils ont fait graver le nom d’un récipiendaire au revers d’une effigie de Marianne, comme pouvait le faire sous la Troisième République toute institution publique ou privée qui délivrait des médailles de récompense. Les couronnes de chêne ou de laurier sont innombrables. De même, des coins de médailles maçonniques « banalisées » (faute d’un meilleur terme), portant des symboles maçonniques élémentaires, étaient disponibles sur le marché : le motif le plus typique en est la composition d’outils entremêlés autour du niveau, proche des « armoiries » que se donne le Grand Orient sous le Second Empire. Elle est souvent affligée d’une faute de perspective dans le dessin de l’équerre qui lui donne un angle obtus. Comment recenser les combinaisons d’équerre, compas et acacia ? De tels revers anépigraphes, aux symboles passe-partout, peuvent se retrouver avec des avers différents, personnalisés par les loges. Quand nous le pouvons, nous classons les unes et les autres aux loges utilisatrices, plus soucieux une fois encore d’histoire des loges que de rigueur numismatique. Nous avons exclu, à tort ou à raison, de nombreuses pièces gravées, et non frappées, qui paraissent exceptionnelles et anecdotiques. Nous n’avons inclus que celles qui figurent déjà dans les répertoires de référence, celles qui nous semblent produites en nombre, et parfois certaines qui ajoutent une information à l’histoire des ateliers qui les ont émises. Le numismate s’y retrouvera toujours. Le profane y éprouvera, nous l’espérons, plus de plaisir.
Les annexes peuvent susciter des approches transversales. On y trouvera : un bref lexique des termes peu usités par les profanes en numismatique ou en Franc-maçonnerie ; un index des personnages cités ; un index thématique et stylistique ; une proposition de parcours historique, attentif à l’histoire de l’art comme à l’histoire générale de France ; les principales références bibliographiques commentées ; des tables de concordance qui permettent de retrouver le classement d’une pièce à partir des principales références bibliographiques.
Nous avons voulu ajouter aux descriptions le plus grand nombre possible d’illustrations. Remercions ici ceux qui nous ont permis de colliger cette abondante iconographie, et en premier lieu le Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale qui a apporté avec bienveillance toute l’aide possible. Les musées de la Grande Loge de France, de la Grande Loge Nationale Française et du Grand Orient de France, le Musée Gadagne et le Musée des Beaux-Arts à Lyon, nous ont permis de photographier leurs collections. Les maisons de numismatique Dijon Numismatique, Gadoury, Palombo, Platt, ont accepté que nous utilisions de leurs archives. Quelques collectionneurs privés enfin, dont il faut respecter l’anonymat, et quelques loges maçonniques qui ont su garder des témoignages de leurs prédécesseurs, ont largement contribué à la richesse de l’illustration. A défaut de photographie de l’objet lui-même, quand sa reproduction a déjà été publiée, nous avons repris celle-ci : on retrouvera l’élégance des reproductions gravées anciennes, reprise dans les livres d’époque de Thory, Hennin, Vanhende, ou les Ephémérides des Loges lyonnaises. On reconnaîtra le grain – et parfois le flou – des photos du Hamburgische Zirkel Correspondenz, repiquées dans le magnifique exemplaire de la bibliothèque du Grand Orient de France.
Nos chaleureux remerciements vont aussi à ceux qui ont aidé à améliorer ce travail par leurs remarques, leurs conseils, leurs encouragements, ou les connaissances qu’ils ont bien voulu partager, et plus particulièrement Joël Creusy, Bernard Dat, François Geissmann, Aimé Imbert, Daniel Ligou, Irène Mainguy, François Rognon. Le résultat leur doit d’être moins imparfait. Sans eux, et quelques autres à l’occasion, l’ouvrage comporterait encore plus d’erreurs et de lacunes. Merci aussi à Christian pour ses traductions du latin, Ludger pour ses traductions de l’allemand, François pour les jeux de mots inavouables, Florent pour quelques trouvailles de vocabulaire (dont gourgandine et ichtyomorphe) et Martin pour son soutien moral. Enfin et surtout, ce livre n’aurait tout simplement pas été possible sans l’accompagnement constant, éclairé et patient de Christian Charlet, Pierre Mollier et Daniel Renaud. Avec toute l’indulgence qu’il faut accorder à l’apprenti, ils ont, plus souvent qu’ils ne le pensent eux-mêmes, orienté les recherches, corrigé des erreurs, indiqué des sources documentaires, levé doutes et interrogations, ouvert la porte à d’autres contacts féconds. Nous espérons ne pas trop décevoir leur confiance. Les remerciements sont aussi insuffisants qu’indispensables. Ils peuvent énumérer des apports techniques, non rendre compte de la qualité humaine de ces multiples rencontres. Elles ont toutes enrichi cette recherche pour en faire une passionnante aventure intellectuelle. Elles l’ont parfois transformée en histoire d’amitié.
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(Hélas ! Pour en savoir plus, maintenant que vous avez l'eau à la bouche, il faut acheter l'ouvrage... Chez l'éditeur : Maison Platt, 49 rue de Richelieu 75001 PARIS, ou chez l'auteur, via la rubrique contact. 100 euros + frais de port. Cher ? Mais 400 pages en quadrichromie, 850 pièces décrites et commentées, livre d'art, livre d'histoire... Et si vous avez trouvé les deux contrepèteries de l'introduction, vous en trouverez d'autres encore dans le corps de l'ouvrage !) Mis à jour (Dimanche, 23 Mai 2010 11:27)
Notre ouvrage, paru en 2007 après des années de recherches, ne pouvait pas être parfait. Des points d'interrogation subsistaient (et subsistent encore). Ce site a aussi pour mission d'y apporter les réponses au fur et à mesure qu'elles peuvent paraître, dans l'attente d'une très hypothétique réédition future à laquelle elles seraient agrégées. Le plus urgent est de corriger les erreurs.
Corrections de plume.
- page 7, 3e alinéa, ligne 2 : lire "publiés". - p. 53, 1er alinéa, ligne 10 : lire "Les ouvrages de Louis Félicien de Saulcy et de Jean-Pierre Collignon reproduisent un grand nombre..." - p. 274, n° 650, lire "gravée". - p. 188, fin de la notice du n° 396 : belle sottise ! Le jeton ne peut dater d'avant 1813, puisque le ruban porte cette date ! Lire donc comme dernière phrase : "il est nécessairement postérieur à 1813, même si nous ignorons la signification de la date mentionnée sur le ruban."
Chaque fois que cela nous a échappé, il faut lire Bibliothèque nationale de France ou BnF quand nous avons écrit par mégarde Bibliothèque Nationale ou B.N.
292, 293, 294, 296. Loge des Neuf Soeurs.
On se reportera utilement à l'article spécifique concernant ces jetons, qui explique pourquoi les notices de ces trois jetons se doivent d'être réécrites. - n° 292, page 146 : 1er alinéa sans changement. 2e alinéa : "Ce jeton est correctement daté de 1781, pendant le premier vénéralat du Comte de Milly. Nicolas Christierne de Thy, comte de Milly, né à Beaujeu en 1728 et mort à Paris en 1784, après avoir servi dans les armées, se consacra aux sciences, notamment aux applications pratiques de la physique et de la médecine. Il serait mort d'avoir testé sur lui-même ses médicaments." 3e alinéa sans changement. - n° 293, p.147 : "Ce jeton présente sur ses deux faces plusieurs variantes par rapport au précédent. Amiable connaît celui-ci, dont il publie la reproduction dans son ouvrage, et qu'il date après la mort de Milly : La Loge voulut l'honorer et perpétuer son souvenir en faisant frapper une médaille d'argent... Nous l'avons situé logiquement entre les deux autres, puisqu'il présente, comme le précédent, un portrait de Milly à l'avers, tandis qu'il a le même revers que le jeton suivant. Il est en réalité postérieur au n° 294 : la Loge voulant honorer Milly à sa mort en 1784, le graveur Bernier a alors réutilisé le revers gravé pour Franklin, et regravé le portrait de l'avers." - n° 294, p. 148 : "Benjamin Franklin, savant autodidacte, ambassadeur en France des colonies anglaises d'Amérique, joua un rôle décisif pour convaincre la France de combattre pour l'indépendance américaine. Il est Vénérable de la Loge des Neuf Soeurs de mai 1779 à mai 1780. La médaille (ou jeton, puisque ses faces sont frappées tête-bêche), est éditée en mai 1783 pour une fête donnée par la Loge en l'honneur de Franklin à l'occasion de la paix en Amérique." - n° 296, p. 149 : supprimer la seconde phrase de la notice.
305. Loge de la Patrie.
Nous avons ici fait une regrettable confusion. Notre n° 305 en effet ne concerne pas la loge parisienne de ce nom, mais bien une loge belge. Elle a néanmoins sa place dans notre ouvrage, et pour sa beauté, et pour son intérêt historique, mais à la ville de Calais, où elle s'insèrera sous le n° 527 A. On y lira la notice ainsi : "Loge belge, fondée à la Panne en 1914, qui travailla en exil à Calais en 1914 et 1915. Le ruban de la médaille était aux couleurs du drapeau belge. Le graveur est Eugène de Bremaeker (1879-1963), sculpteur renommé. Les fleurs représentées..." (Le reste sans changement) On ajoutera un encadré : "Bibliographie : "les Trésors du Temple - le musée belge de la Franc-maçonnerie", sous la direction de Jeffrey Tyssens, éd. musée belge de la Franc-maçonnerie, Bruxelles, 2006."
402, 403, 404. Loge la Vraie Réunion.
Nous avons pu rencontrer un exemplaire du n° 402, acquis par la GLDF en vente publique, et un exemplaire du n° 403 dans une collection privée. Cela nous permert de lever des interrrogations. On supprime donc la dernière phrase de la notice du n° 402, remplacée par l'alinéa suivant :
Ses médailles sont constituées de repoussés assemblés dos à dos. Le n° 404 constitue l'avers. Nous ne le connaissons qu'en argent. Pour les 402 et 403, il est assemblé à des revers en cuivre.
La dernière phrase du n° 403 devient :
HZC lit PN, pour procession ; il s'agit plutôt de PE, pour pompe.
  N° 403. Collection particulière.
417. Fontainebleau, Napoléon le Grand.
Intervertir les faces de la médaille et les descriptions correspondantes. Reprendre alors la notice :
La loge de Fontainebleau n'est connue sous ce titre que de 1802 à 1814. Avant et après, elle se nomme la Bienfaisance, et cesse son activité en 1848. Cette médaille est évidemment postérieure. Son avers est médiocrement construit par juxtaposition d'éléments disparates. Son revers est identique à celui des n°s 52, 53, 54 et 113. Comme celles-ci, il s'agit ici d'une médaille éditée à des fins commerciales par Brichaut, dans les années 1880.
430. Nemours, l'Auguste amitié.
A : lire : ...L'AUGUSTE AMITIE...
Supprimer la notice inutile. Un jeton lisible est conservé au musée maçonnique de Worcester.
484 à 489. Commune de Paris.
Quelques confusions se sont produites dans notre compréhension de la chronologie des manifestations maçonniques d'avril 1871. - n° 484 et n° 485 : ajouter à la notice : "Cette première tentative a lieu le 11 avril. La médaille est datée du lendemain." - n° 486 : lire "La date du 22 avril correspond bel et bien à une seconde rencontre avec les Versaillais. La ligue..." (le reste sans changement). - n° 488 : compléter la notice ainsi : "... à la manifestation elle-même. En réalité, cette réunion est une de celles qui ont lieu le 23 avril, où les deux obédiences tiennent des assemblées séparées. Le 26 avril, une réunion commune se tient au Châtelet, évoquée par la médaille suivante." - n° 489 : compléter la notice ainsi : "...à la déportation. Amnistié, il deviendra Vénérable de la Loge le Libre Examen en 1884. La médaille est datée du lendemain de la réunion."
511. Besançon, Directoire de Bourgogne etc.
Dans la description, supprimer "signé MERLEN".
530. Chalon-sur-Saône, les Vrais Zélés.
Autre erreur impardonnable. Le jeton n° 530 porte bel et bien un poinçon en tranche, poinçon à la lampe. Cela permet de le dater des années 1832 à 1841. Au premier alinéa de la description, on ajoutera donc : "Poinçon lampe". Puis on corrigera la première phrase ainsi : "Le jeton est datable des années 1831-1842".
695. Rennes, la Parfaite Union.
Grâce aux heureux hasards du marché numismatique, nous avons pu acquérir un exemplaire du n° 695 en meilleur état que celui du Cabinet des Médailles. La description en devient moins hypothétique :
 Collection particulière. Droits réservés. "deux colonnes J et B sur un pavé mosaïque, sous un soleil rayonnant relié aux sommets des colonnes par une cordelière ; entre les colonnes, sept marches conduisent sur une estrade où l'on voit : au centre, de haut en bas : équerre, étoile rayonnante sur grand livre, compas, autel, et de part et d'autre de l'autel, truelle sur poisson tenant un anneau, crâne et os croisés ; à gauche, perpendiculaire ; à droite, pierre cubique à pointe ; décorant les colonnes, à gauche : objet non identifié (peut-être écu ?), et à droite, équerre, maillet et rameaux d'acacia ; sur les colonnes, à gauche : six coeurs enflammés (ou grenades ?), et à droite, serpent entouré autour d'un crâne ." On regrettera "ichtyomorphe", qui n'est pas facile à recaser ailleurs.
701. Rochefort, l'Accord parfait.
Remplacer "métal inconnu" par "caoutchouc durci". Supprimer la notice devenue inutile.
761. Toulouse, la Sagesse.
Lire : Loge créée en 1757.
Mis à jour (Mardi, 26 Octobre 2010 09:53)
On trouvera ici les compléments à l’ouvrage, soit ajouts aux notices existantes, soit nouvelles pièces. Celles-ci sont numérotées de façon à s’insérer entre les notices existantes. Le plus simple pour le lecteur est probablement d’imprimer séparément chaque notice et de la glisser à la page correspondante.
Ici les photos ne sont pas à l'échelle, et les caractères spéciaux (carré, fleurettes, étoiles...) ne peuvent être respectés.
Nous n’indiquerons pas les variantes de métal découvertes depuis 2007 : elles sont trop nombreuses et cela alourdirait peu utilement ces addenda.
Premier addendum, juin 2010 : 12 pièces nouvelles, concernant les instances nationales et les loges de Paris.
14. GRAND ORIENT DE FRANCE, congrès international de 1855.
Ajouter une notice :
Gould dit l’essentiel de ce congrès : 7 juin.- Le Grand Congrès Maçonnique rassemblé sous la présidence d’Heuillant, Député Grand Maître, fut officiellement ouvert le 8 par Murat en personne. Le Grand Orient était représenté par vingt-deux membres et officiers. Cinq Obédiences étrangères avaient accepté l’invitation mais ne firent pas acte de présence, à savoir les Grandes Loges de Suisse, Hambourg, Louisiane, Saxe, et le Suprême Conseil de Luxembourg. Trois – les Grandes Loges d’Haïti, New York et Suède – avaient délégué des députés qui ne purent arriver à temps. Quatre Grandes Loges et une Grande Loge Provinciale furent effectivement représentées, à savoir Colombie, Irlande, Virginie, Pays-Bas et la Grande Loge Provinciale de Munster. Dans la mesure où il existe quelque quatre-vingt-dix Grandes Loges dans le monde, sans compter un certain nombre de Grandes Loges Provinciales, les perspectives ne furent pas encourageantes. Cinq résolutions seulement furent adoptées ; elles portaient sur des sujets dénués d’importance et aucune ne fut mise en œuvre (Gould’s history of freemasonry, Caxton publishing company, Londres). La médaille ajoute deux informations complémentaires : d'une part, une délégation portugaise était aussi présente ; d'autre part, il faut entendre par "Colombie", non pas le pays d'Amérique latine, mais bien le Dictrict of Columbia où se tient Washington, la capitale Américaine. Ce congrès n’a guère ajouté de gloire à Lucien Murat, et l’on peut comprendre que les historiens de la Franc-maçonnerie française l’aient ignoré.
17 a. GRAND ORIENT DE FRANCE ( ?). 1905.
![]() ![]() Collection particulière. Tous droits réservés. Plaquette rectangulaire au haut arrondi, 60 x 42 mm. Poinçon corne d’abondance. Bronze. A : Marianne rayonnante, en bonnet phrygien, porte de la main droite une statuette de Minerve munie de l’Egide et de la haste, et s’appuie de la main gauche sur une stèle portant : ARTICLE 1er / LA REPUBLIQUE / ASSURE / LA LIBERTE / DE CONSCIENCE / ……. A ses pieds, tables de la loi, pierres, lampe, équerre et compas ; texte en dessous : INSPIREE PAR LA SAGESSE / LA FRANCE REPUBLICAINE / SEPARE / LES EGLISES DE L’ETAT *** 1905. Signé R. ROZET. R : en haut : sous sept étoiles en arc de cercle, dans un ouroboros, un triangle rayonnant enferme un G, le tout entre deux rameaux en sautoir de chêne et d’acacia ; en dessous, à gauche et à droite, deux cercles ; dans celui de gauche, tables de la loi coiffées d’un bonnet phrygien et reposant sur un faisceau de licteur, sur lesquelles on peut lire : 1789 / LES / DROITS / DE / L’HOMME ; dans celui de droite, tête de Minerve casquée ; en dessous, texte : ART. IV / ---------- / ** RECHERCHE DE LA VERITE ** / * TOLERANCE MUTUELLE – RESPECT * / * DES AUTRES ET DE SOI-MEME * / LIBERTE ABSOLUE DE CONSCIENCE ; en bas : trois couronnes de feuillage entrelacées entre elles et avec un rameau d’olivier. Signé : R. ROZET.
Nous attribuons au Grand Orient de France cette curieuse plaquette, qui cite littéralement un article de ses statuts.
24 a. GRAND ORIENT DE FRANCE. MAISON PHILANTHROPIQUE DE VERSAILLES.
![]() ![]() Collection particulière. Tous droits réservés. 31 mm. Argent ; cuivre. A : DONEC A COELO DESCENDAT ; main arrosant des fleurs abondantes, sous le zodiaque ; signé LOR. F sur une base ; guirlande à l’exergue. R : en six lignes dans une couronne de feuillage : MAISON / PHILAN- / TROPIQUE / DE / VERSAILLES / 1786.
C’est le jeton 5958-5959 de Feuardent.
29. MERE LOGE ECOSSAISE DE FRANCE, 1806.
Ajouter à la notice :
Selon Marvin, cette médaille a été refrappée en 1826, pour les cinquante ans de la Loge, sans la signature ni la légende basse du revers.
35. SUPREME CONSEIL, DECAZES, 1818.
Citation d’origine inconnue (eh oui, merci à qui pourra m’aider à préciser) qui s’ajoute assez bien entre les deux alinéas de la notice : Le 24 octobre 1818, le Suprême Conseil d’Amérique, présidé par le Comte Decazes, élu Grand Commandeur cinq jours après la démission de Grasse-Tilly, consacra la loge LES PROPAGATEURS DE LA TOLERANCE « Mère Loge du Rite Ecossais », loge aristocratique comprenant tous les 33e en activité et présidée par le Général Baron Louis Joseph César de Fernig.
42. GRANDE LOGE DE FRANCE, médaille de récompense.
On peut ajouter à la notice :
La médaille est l’œuvre de Pierre Dautel (1873-1954).
45 a. FABRE-PALAPRAT.
![]() Collection particulière. Tous droits réservés. 105 mm. Bronze. Uniface. BERNARD-RAYMOND / FABRE-PALAPRAT .·. ; tête de Fabré-Palaprat à gauche. Signé Caqué.
Ce grand médaillon présente l’intérêt d’ajouter trois points après le nom du personnage, affirmant ainsi sa qualité maçonnique.
52. CENTENAIRE DE L’INDEPENDANCE AMERICAINE.
Remplacer la notice par la phrase suivante :
Une fiche du Cabinet des Médailles identifie cette médaille comme éditée à Paris par Brichaut. On peut raisonnablement attribuer à la même origine les pièces 53, 54, 113 et 417, qui montrent le même revers.
126 a. LES AMIS REUNIS.
![]() ![]() Collection particulière. Tous droits réservés.
Identique au précédent, sinon que la légende du revers est entourée d’une couronne de laurier. C’est donc bien celui de Feuardent, ce qui doit être corrigé aussi en annexe dans les tables de correspondance.
127 a. LES AMIS REUNIS.
![]() ![]() Collection particulière. Tous droits réservés. 33 mm. Etain bronzé. A : identique au 127. R : identique à l’avers des 823 et 824.
Les n°s 823 et 824 pourraient être les jetons de présence des ateliers de haut grade souchés sur la loge des Amis Réunis.
129. LES AMIS TRIOMPHANTS.
La description de Bramsen peut être complétée d’éléments donnés par Marvin :
- la signature THEVENIN est située à droite au dessus de l’exergue à l’avers. - la légende au revers se lirait en trois lignes : RECOMPENCE (?) AU ZELE AN 1810.
138 a. L'AMITIE.
![]() ![]() Collection particulière. Tous droits réservés. 32 mm. Argent. A : G.·.O.·.D.·.F.·. / L.·. L'AMITIE ; Composition symbolique autour du niveau (type à l'équerre obtuse). R : réserve en haut à droite pour attribution ; rameau de laurier portant un cartouche sur lequel, en deux lignes : BI-CENTENAIRE / 1721-1921.
151 a. AVANT-GARDE MAÇONNIQUE.
![]() ![]() Collection particulière. Tous droits réservés. 19 mm. Zinc. A : AVANT GARDE / MAÇONNIQUE ; champ : équerre et compas entrecroisés. R : cercle de perlettes.
Loge parisienne créée en 1884. Fut notamment la loge mère de Fred Zeller, artiste peintre et Grand Maître du Grand Orient de 1971 à 1973.
160. LE BOUCLIER FRANÇAIS.
On peut remplacer la première phrase de la notice par celle-ci :
Nous avons pu voir un exemplaire qui porte au revers, conformément à la description de Bramsen, un triangle contenant en trois lignes 22 / SEPT / 1812. Cette date inexpliquée n'est donc ni une exception, ni une anomalie. Cette variante prendra le n° 160 a.
219 a. ERNEST RENAN.
![]() ![]() Collection particulière. Tous droits réservés. Triangle sur base rectangulaire, h 52 mm x L 64 mm. A : dans le triangle, visage d'Ernest Renan de trois-quarts face à droite, entre crucifix et tables de la loi ; sur la base : en petites lettres, sous le crucifix : JESUS ; sous les tables : ISRAEL ; en grandes lettres : ERNEST RENAN ; entre le prénom et le nom, représentation du Parthénon. R : dans le triangle : niveau, compas et truelle ; LOGE ERNEST RENAN ; sur la base : 1910 - 1930.
244 a. LES FRERES UNIS INSEPARABLES.
![]() ![]() Collection particulière. Tous droits réservés. Octogone. 25 mm. Laiton. A : [carré long] / LES / FF.·. UNIS / INSEPARABLES ; dans un triangle central : 1er / AOUT / 1775. R : LIBERTE .·. EGALITE .·. FRATERNITE .·. ; champ : JETON / DE / PRESENCE.
246. GARIBALDI.
Ayant pu voir un exemplaire de cette pièce, nous pouvons compléter la description comme nous le supposions :
32 mm. Maillechort. A : identique au 290. R : sans changement.
Le premier alinéa de la notice devient : La parenté de cette pièce avec le jeton 290 de la loge le Mont Sinaï est évidente.
256 a. LES HOSPITALIERS SOCIALISTES.
![]() Collection particulière. Tous droits réservés. Hexagone, uniface. 19 mm. Laiton .·.G.·.L.·.D.·.F.·./HOSPITALIERS SOCIALISTES ; équerre et compas entrecroisés.
Ce jeton est de même facture que celui d’Asnières.
260. L’IMPERIALE DES FRANCS-CHEVALIERS.
Corriger ainsi la dernière phrase de la notice :
Selon Collaveri, il aurait été frappé pour célébrer cette tenue ; Bramsen le classe à 1810.
278 a. LA JUSTICE.
![]() ![]() Dessin Marc Labouret. Tous droits réservés. Taille inconnue (proche de 30 mm). Tour ondulé. Cuivre ou laiton. A : GRANDE LOGE SYMBOLIQUE ECOSSAISE * : champ : équerre et compas entrecroisés. R : LOGE N° 3 LA JUSTICE * : champ : ANCIEN .·. 133.
Ce jeton ne nous semble pas pouvoir se confondre avec le précédent, qui doit comporter les mots « écossaise de justice », que Blanchet n’a pas inventés.
285 a. LA LOI MAÇONNIQUE.
![]() Collection particulière. Droits réservés. Triangle équilatéral. H 30 mm. Argent. Uniface. Tables de la loi portant sur cinq lignes : R.·.L.·. N° 553 / LA / LOI MAÇONNNIQUE / O.·. DE PARIS / 5926 ; au-dessus : étoile rayonnante / G.·.L.·.D.·.F.·. ; à gauche, brochant sur les tables, rameau d’acacia ; en bas à gauche : règle, levier, équerre, compas : en bas à droite : temple circulaire, maillet, truelle, niveau.
Deuxième addendum – juillet 2010 : 14 pièces nouvelles pour la banlieue et les provinces.
Nous apportons ici quelques nouveaux ajouts dans les notices existantes, et surtout un ensemble de vingt pièces encore inédites. Inédites tout au moins en France, puisque plusieurs proviennent du musée maçonnique de Worcester, dont le catalogue riche en jetons et médailles français est publié depuis 1939. Encore fallait-il le trouver, et c’est encore à Pierre Mollier que nous le devons. La visite à ce musée, prévue pour août 2010, nous réserve peut-être d’autres surprises.
470. Loges de la région parisienne, fête de l’adolescence, 1902.
![]() ![]() Collection particulière. Cuivre argenté. Identique à la précédente, sauf les dates du revers : 4 MAI / 1902 et 6E FETE ANNUELLE..
510. BESANÇON, DIRECTOIRE DE BOURGOGNE.
On peut ajouter à la notice cette précision :
L’avers présente les armes de la cinquième province de la Stricte Observance Templière : de gueules à la tête de mort d’argent et aux initiales de la devise Mors Omnia Æquat.
513. BESANÇON, LA SINCERITE, LA PARFAITE UNION ET LA CONSTANTE AMITIE REUNIES.
Ajouter à la notice :
Cette médaille a été réalisée par le F.·. PANISSET, de la loge du Parfait Silence à Lyon (Eph. P. 294).
514. BESANÇON, LA SINCERITE, LA PARFAITE UNION ET LA CONSTANTE AMITIE REUNIES.
Nous avons vu cette médaille, et nous en publierons dès que possible la description et la photo.
522 a. BORDEAUX, toutes loges.
![]() Photo Gimbert Numismatique. Environ 35 mm. Métal inconnu. A : REPUBLIQUE FRANÇAISE ; tête à gauche de Marianne en bonnet phrygien et couronne d’épis et de laurier ; signé F. VERNON. R : LE COMITE DE PREVOYANCE DES ŒUVRES MAÇONNIQUES DE L’ORIENT DE BORDEAUX [fleurette] 1888 [fleurette] ; couronne de chêne et de laurier ; réserve centrale.
525 a. BRIGNOLES, ECOLE DE LA SAGESSE.
![]() ![]() 30 mm. Bronze. A : L.·. L’ECOLE DE LA SAGESSE OR.·. DE BRIGNOLES (VAR) ; dans le champ séparé de la légende par un cercle, entre les quatre lettres G.·. O.·. D.·. F.·., un triangle orné de compas, équerre et étoile ; au-dessus : 1er JUIN 5908. R : inscription en quatre lignes : INSTALLATION /LE / 11 OCTOBRE / 5908.
La loge a été fondée en 1789. Pour quelques anecdotes locales savoureuse, voir FREDON (Emile): "la Franc-maçonnerie à Brignoles", dans Chroniques d'histoire maçonnique n°22, février-mars 1979.
530 a. CHALON-SUR-SAONE, PARFAITE EGALITE.
![]() ![]() Musée de Worcester. 27 mm. Métal doré. A : R.·. L.·. ECOSS.·. PARF.·. EGALITE.·. OR.·. DE CHALON S/S ; équerre et compas entrecroisés sur niveau d’eau. R : PROTECTORAT MAÇONNIQUE ; champ : 24 OCTOBRE .·. 1869 ; réserve.
La Loge est inconnue du Répertoire. Notons la parenté de la représentation du niveau avec celle qui figure sur les pièces de l'orient voisin de la Motte-Bouchot.
531 a. CHARLEVILLE, LA FRATERNITE.
(revers) Musée de Worcester. 42 mm. Bronze. A : identique au précédent. R : en sept lignes : FETE / D’INAUGURATION / 31 JUILLET / 5880 / AU VEN .·. F.·. NEUMARK / DELEGUE DU G.·. O.·. / SOUVENIR.
532. CHARTRES, LA FRANCHISE.
Intercaler une avant-dernière phrase. :
Cette hypothèse est confirmée par le règlement de la loge, daté de 1820, qui précise que le jeton a été créé en 1813 (merci à P.M. pour cette communication).
550 a. DIJON (loges d'Auxerre, Beaune, Chalon, Dole, Gray et Mâcon).
![]() ![]() Musée de Worcester. 50 mm. Bronze. A : GIUSEPPE GARIBALDI NE A NICE EN 1807 ; son portrait à gauche en uniforme ; Signé FRANKY MAGNIADAS. R : sur neuf lignes : BATAILLE DE DIJON / 21,22, 23 JANVIER 1871 / A L’ILLUSTRE / GENERAL GARIBALDI / LES [carré contenant .·.] REUNIES / D’AUXERRE, BEAUNE, / CHALON SUR SAONE, DOLE, /GRAY ET MACON / 1872.
Cette médaille d’un grand intérêt historique est absente des collections françaises.
558. DOUAI, TRIBUNAL DES GRANDS JUGES.
Là où notre description lit (comme tout le monde) C et O, nous proposons maintenant de voir des représentations schématiques de la lune et du soleil. Les deux signes, dont la signification était mystérieuse, n’ont pas les empattements, pleins et déliés habituels des lettres.
681 a. PACY-SUR-EURE, UNION ET PROGRES.
![]() ![]() Collection particulière. Droits réservés. 23 mm. Maillechort. A : [étoile] L.·. UNION & PROGRES [étoile]/ O.·. DE PACY-S-EURE ; champ : compas sur équerre entourant un G. R : identique.
Selon le F.·. de Loucelles, l’installation eut lieu le 23 septembre 1866 par les soins de la L.·. l’Etoile neustrienne de l’O.·. de Vernon. Elle comptait 8 FF.·. fondateurs, sous la présidence du F.·. BELOT, percepteur des contributions. La loge fut prospère , puisqu’elle a compté 24 frères l’année suivante, 32 en 1868, et qu’elle a même essaimé, à son tour, à Evreux.
684 a. PERIGUEUX, LES AMIS PERSEVERANTS ET L’ETOILE DE VESONE.
![]() ![]() Collection particulière. 34 mm. Argent. A : dans un cercle de points, foi sur une couronne d'acacia, sous un triangle flamboyant portant un G et au-dessus d'équerre et compas croisés. R : L.·. LES AMIS PERSEV.·. ET L'ETOILE DE VESONE REUNIS / [fleurette] O.·. DE PERIGUEUX [fleurette] ; réserve centrale dans une couronne de laurier.
684 b. PERIGUEUX, LES AMIS PERSEVERANTS ET L’ETOILE DE VESONE.
![]() ![]() Collection particulière. Carré aux angles arrondis. Laiton. A : LES AMIS PERSEVERANTS .·. [fleurette] O.·. DE PERIGUEUX [fleurette] / ET L’ETOILE DE VESONE / REUNIS. / Equerre et compas croisés. R : FOURNEAU / ECONOMIQUE / foi.
Cette pièce extrêmement originale et rare illustre une activité de bienfaisance, soupe populaire ou coopérative de consommation.
693 a. REIMS, LA TRIPLE UNION.
Taille inconnue. Métal inconnu. A : SOCIETE BIENFAISANTE. R : CHARITE.
Il s’agit d’une médaille succinctement décrite par Thory dans Acta latomorum. Elle était portée par les enfants de l’hôpital en raison d’un capital versé par la loge rémoise, dont les intérêts devaient servir à apprendre un métier aux enfants pauvres. On pense à la chanson de Brel : « Pour être une bonne dame patronesse… [il faut] … reconnaître les pauvres à soi. »
716 a. ROUEN, LA CONSTANCE EPROUVEE.
![]() ![]() Collection particulière. Tous droits réservés. Même description que le précédent, mais les outils sont plus fins et plus petits.
750 a. STRASBOURG, LES FRERES REUNIS.
![]() Dessin Marc Labouret. Tous droits réservés. Taille inconnue. Laiton. A : foi plein champ. R : [carré long contenant .·.] DES FRERES REUNIS ; champ : OR .·. DE / STRASBOURG.
L’histoire de l’Alsace et celle de la loge étant ce qu’elles sont, le jeton doit être daté du Second Empire.
766 a. TOULOUSE, toutes loges.
![]() ![]() 36 mm. Maillechort. A : MAÇONNERIE TOULOUSAINE ; composition de symboles autour du niveau. R : couronne de chêne et de laurier ; champ réservé.
783. VICHY, LA COSMOPOLITE.
Nous pouvons aujourd’hui compléter la description.
Collection particulière. Droits réservés. 32 mm. Argent. A : équerre et compas entrecroisés sur couronne d’acacia. R : dans une couronne de laurier, gravé : LA .·. COSMOPOLITE / OR.·. DE VICHY ; réserve pour attribution.
785 a. VIENNE, LA PERSEVERANCE.
![]() Collection particulière. Droits réservés. 42 mm. Etain. Uniface. Au centre, une équerre posée sur une règle horizontale forme un triangle autour d’un G rayonnant et de 5837 ; sur l’équerre : .·.OR.·.DE / VIENNE ; suspendue à la règle, une banderole entoure une foi dans des nuées ; sur la banderole : LA PERSEVERANCE ; le tout rayonne en cinq groupes de rayons ; entre les trois groupes supérieurs apparaissent des feuilles d’acacia ; au dessus du tout, une équerre dont le pivot déborde du cercle de la médaille pour former une bélière.
788 a. VILLEFRANCHE-SUR-SAONE, LE PARFAIT ACCORD.
Il s’agit d’une variante du précédent où le lettrage est légèrement plus dilaté.
Mis à jour (Jeudi, 29 Décembre 2011 15:57)
Troisième addendum, septembre 2010. 11 pièces nouvelles.
La numismatique française au Musée maçonnique du Worcestershire.
La Franc-maçonnerie anglo-saxonne a une histoire très différente de la nôtre. Elle n’a pas été poussée par les événements à faire des choix politiques. De ce fait, elle est à la fois restée plus proche des pouvoirs (politique, économique et religieux) et plus orientée vers l’action philanthropique que ne l’est la Franc-maçonnerie française. On ne s’étonne donc pas, en Angleterre ou en Ecosse, de voir que les institutions maçonniques ont pignon sur rue, même dans de petites villes.
Le musée maçonnique de Worcester reste néanmoins exceptionnel. Certes moins imposant et moins riche que ceux de Londres et d’Edimbourg, il mérite le détour pour l’ensemble de ses collections. Sa série de bijoux maçonniques réalisés sur les pontons par des prisonniers français des guerres napoléoniennes est remarquable. Surtout, il détient ce qui est probablement le plus important ensemble de numismatique maçonnique au monde, avec plus de 1200 pièces. Celles-ci incluent notamment d’importantes séries anglaise, américaine, allemande, belge, suédoise, sud-américaine... Et, comme c’est en France qu’on a frappé le plus de jetons et médailles maçonniques, ceux-ci ne sont pas absents. Ils sont même très bien représentés : le catalogue de la collection française comprend 507 pièces. Il faut, pour comparer ce qui est comparable, en extraire 158 doubles (qui incluent des variantes de métal), 32 bijoux ciselés et/ou émaillés qui ne nous semblent pas relever de la numismatique, 5 jetons non maçonniques. Aux 312 restant, il convient cependant d’ajouter 1 jeton non répertorié et 14 pièces (sauf omission) des loges françaises à l’étranger, ce qui amène à 327.
Ce nombre est en soi impressionnant. Peu de collections françaises le dépassent. De plus, l’ensemble inclut de nombreuses pièces rares, absentes des collections françaises connues. C’est ainsi que nous avons pu compléter notre documentation par la photographie de pièces que nous ne connaissions que par la littérature, que ce soit le Hamburgische Zirkel Korrespondenz, les Ephémérides des loges lyonnaises ou d’anciens catalogues de vente. Les maçons de Worcester détiennent par exemple, et ils sont à notre connaissance les seuls au monde, la série complète de toutes les médailles retraçant l’action des francs-maçons parisiens pendant la Commune.
Enfin, leur collection contient 14 pièces françaises inédites en France. Trois ont pu déjà être décrites dans notre deuxième addendum (pour Chalon, Charleville et Dijon : leurs photos ont été ajoutées en octobre 2010). Les onze autres méritent évidemment aussi d’être publiées. On les numérotera et classera ainsi dans les interstices de notre livre :
20 a. Cours gratuits du GO.
(revers) Musée de Worcester. 43 mm. Bronze. A : identique aux deux précédentes. R : DISTRIBUTION DES PRIX DU 5 AOUT 1882 ; champ : MENTION (réserve pour attribution).
107 a. Paris, les Amis de la Patrie.
(revers) Musée de Worcester. 38 mm. Bronze. A: identique au précédent. R : G.·. O.·. D.·. F.·. / ADOPTION MAC.·. DE LA L.·. LES AMIS DE LA PATRIE ; dans une couronne de laurier : LOW.·. (réserve pour attribution).
C’est une médaille de cérémonie d’adoption d’un lowton.
209 a. Paris, Elèves de Minerve.
(revers) Musée de Worcester. 28 mm. Cuivre. A : identique au précédent. R : identique au précédent, avec deux étoiles intercalées entre la légende périphérique et la date.
C’est une légère variante du 209.
337 a. Paris, la Ruche libre.
36 mm. Bronze. Combine à l’avers de la médaille 337 l’avers de la 95, représentant une ruche.
361 a. Paris, Saint-Philippe.
![]() ![]() Musée de Worcester. Clichés unifaces en étain. 29 mm. A : L.·. R.·. [loge] DE SAINT PHILIPPE O.·. DE PARIS / 5817 ; équerre et compas entrecroisés autour d'une étoile flamboyante portant un G. R : SI FODIERIS INVENIES / représentation simplifiée du plan d'une loge ; visage rayonnant au milieu d'un ennéagramme ; dans les branches de l'étoile, initiales : M L E D C S O P.
On peut raisonnablement penser que ces deux clichés unifaces proviennent de la même pièce, jeton d’une loge qui n’était pas encore représentée dans notre corpus. Les éléments constitutifs du revers sont les mêmes qu'au n° 25 (Mère loge écossaise du Contrat Social), mais disposés autrement : le plan de loge est au-dessus du visage rayonnant, et non en-dessous. Le dessin du visage est différent. Doré cite deux loges sous le titre distinctif de Saint-Philippe, une première attestée en 1751, la seconde en 1823 et 1831. Mais il y a trop peu d'informations sur la loge elle-même pour répondre aux questions que pose ce jeton : pourquoi reproduire quarante ans plus tard le revers du jeton de la Mère Loge Ecossaise du Contrat Social ?
445 a. St-Germain-en-Laye, la Bonne Foi.
(revers) Musée de Worcester. 38 mm. Bronze. A : identique au précédent. R : figure féminine assise à gauche, tenant sur ses genoux un grand livre ouvert titré LA LOI ; devant elle, sur cinq lignes : EX / AEQUO / LEX / ALLIGAT / OMNES.
504 a. Bar-le-Duc, la Régénération.
![]() ![]() Musée de Worcester. 45 x 38 mm. Argent. A : armoiries de la ville de Bar-le-duc, avec couronne urbaine et banderolle où on peut lire : PLUS PENSER QUE DIRE. R : [.·.] LA REGENERATION / O.·. DE BAR-LE-DUC / 1880.
1880 est bien l'année de fondation de la loge.
604 a. Limoges, les Arts réunis.
27 mm. Cuivre. A : identique au n° 604. R : identique au n° 832.
Ce jeton pourrait permettre d’attribuer à Limoges la pièce n° 832, pour l’instant indéterminée.
818 a. Brésil, Rio de Janeiro.
![]() ![]() Musée de Worcester. 50 mm. Bronze. A : buste d'Adolphe Thiers R : sur douze lignes, dans une couronne de laurier : LA PAIX / EST SIGNEE / A FRANCFORT / LE 10 MAI 1871 / BELFORT EST CONSERVE / A LA FRANCE / A / ADOLPHE THIERS / LES FRANCS-MAÇONS / FRANÇAIS / DE / RIO DE JANEIRO.
Cette médaille est dédiée à Adolphe Thiers pour le féliciter d’avoir conclu la paix avec l’Allemagne le 10 mai 1871. Compte tenu des délais d’information de l’époque, des délais de décision et des délais d’exécution de la médaille, il faut y voir aussi une approbation tacite de l’écrasement de la Commune de Paris, l’entrée des Versaillais dans Paris ayant eu lieu une dizaine de jours après la signature de la paix avec l’Allemagne. Ceci doit-il nous étonner ? Si un grand nombre de francs-maçons parisiens ont manifesté leur sympathie pour les Communards, il est peu probable que ce sentiment ait été partagé en Province, voire, comme ici, à l'étranger. Les obédiences elles-mêmes se sont solennellement désolidarisées des manifestations parisiennes, dont le but était de ramener la paix civile... Le 29 mai 1871, le Grand Orient écrit ainsi aux ateliers qui le composent : Les principes de notre institution et ses lois interdisaient absolument les manifestations auxquelles s'est livré ce groupe de francs-maçons, ou soi-disant tels, recrutés pour la plupart on ne sait où... Les francs-maçons de Rio sont principalement, à l'époque qui nous intéresse, ceux de la loge "les Francs Hyramites", fondée en 1849. La médaille a pour objet de manifester leur patriotisme, à l'appui de leur demande d'être rattachés au Grand Orient. Peine perdue : le Conseil de l'Ordre, le 7 septembre 1872, rejette la demande au vu da régularité et de l'exemplarité de l'obédience brésilienne : Tout en manifestant nos sympathies fraternelles en faveur de la loge "les Francs Hyramites", où des citoyens français se trouvent en grand nombre, nous vous proposons de l'inviter à rester sous l'Obédience du Grand Orient du Brésil (Bulletin du Grand Orient, années 1871 et 1872).
819 a. Londres, l’Immortalité de l’ordre.
A : LIBER. FRATR. ARCHITECTONIC. LONDINENS ; un homme, nu à l'exception d'un tablier et d'un sautoir, le genou gauche posé sur le soubassement d'un bâtiment, grave avec maillet et ciseau l'inscription IMMORTALITATI / ORDINIS / MDCCLXVI ; au sol, règle, niveau, planche, compas, triangle, équerre ; à l'arrière-plan, pyramide ; signé KIRK. R : NON EST MORTALE QUOD OPT. ; un globe rayonnant au dessus d'une pierre rectangulaire enserrée par un serpent et portant un rameau d'acacia ; signé KIRK.
Cette très belle médaille nous est connue depuis 2008 par l’ouvrage de Trevor Harris sur les bijoux et médailles maçonniques anglais. Elle figure aussi dans les collections du musée de la Grande Loge Unie d'Angleterre, à Londres. Elle mérite des recherches spécifiques dans les archives londoniennes. En résumé et sous réserve de vérifications, la loge est fondée à Londres, en 1766, par Jean de Vignoles, pour regrouper des Français et des Allemands qui travaillent en Français. Jean de Vignoles est connu par ses chansons maçonniques, publiées sous le titre "la Lyre maçonne". La loge abrite notamment le chevalier d'Eon, ce célèbre espion qui se déguisait en femme à l'occasion. Elle ferme en 1775, semble-t-il suite à un conflit entre nationalités, les Allemands voulant travailler dans leur langue. Cela donne à cette pièce une ancienneté remarquable.
819 b. Haïti, Jacmel ?
A : LOUIS XVI ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE ; buste de Louis XVI à droite. R : SOLE LABOR EXERCET SUB ; soleil rayonnant au dessus d'une ruche entourée d'abeilles ; exergue : CERCLE DES / PHILADELPHES.
Ce jeton nécessite des compléments d’information avant qu’une attribution maçonnique puisse être confirmée. Selon l’auteur anonyme des fiches du Cabinet des Médailles, il y aurait eu une loge des Philadelphes au Cap Haïtien, devenu depuis Jacmel. Cela nous semble très hypothétique.
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Parenthèse :
Worcester (prononcer Weurssstr), petite ville à moins de 200 kilomètres au nord-ouest de Londres, est célèbre par sa sauce (indispensable au steack tartare) et ses porcelaines (un musée présente celles-ci). Mais sa cathédrale est aussi une des plus belles d’Angleterre, ce qui n'est pas peu dire. Et comme dans toute l’Angleterre, le temps y est variable, la cuisine excellente et l’accueil chaleureux. Nous ne pouvons trop recommander d’y aller pour toutes ces bonnes raisons, voire de consacrer une heure ou deux à la visite du
Worcester masonic museum
Adresse : The Masonic Hall Rainbow hill Worcester WR 3 8 LY Courriel :
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Ouvert les mardis et jeudis de 10 h 00 à 12 h 00. Mis à jour (Dimanche, 01 Janvier 2012 18:07)
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